Transition de carrière

Est-ce possible de faire un choix de carrière avisé  à l’ère de l’instantanéité?

Aujourd’hui, l’accès à l’information est rapide. Que ce soit, entre autres, par les « textos », les réseaux sociaux, les courriels, cela crée ainsi chez bien des gens une intolérance à l’attente.  Toutefois, cette recherche d’instantanéité peut ne pas être bonne conseillère lorsque vient le temps de prendre des décisions importantes, comme celles reliées à la vie professionnelle.  Plus précisément,  plusieurs personnes peuvent  s’attendre à ce que leur décision, face à un choix de carrière, se fasse quasi instantanément, en quelques clics sur le Web ou en rencontrant un conseiller d’orientation une seule fois.  Dans les faits, une décision de cette envergure mérite qu’on s’y attarde davantage.

Lorsque l’on est habitué à avoir des réponses rapides, il est souvent plus  difficile de tolérer les étapes et le temps nécessaire pour faire un choix éclairé.  Or, une démarche d’orientation permettra à la personne de mieux gérer ce temps d’incertitude et l’encouragera  à s’arrêter, à s’attarder davantage aux répercussions de ses actions et de ses choix sur la suite de son parcours professionnel.

Malgré cette ère d’instantanéité, on doit se rendre à l’évidence qu’il demeure des domaines et des moments où prendre son temps est l’option gagnante !

Transition de carrière

Imaginez que vous avez suivi une formation en enseignement du français au secondaire.  Après 4 ans de dur labeur et quelques stages vous arrivez au constat que la gestion de classe est difficile pour vous.  Vous êtes timide, vous avez de la difficulté à prendre votre rôle de leader.  Vous remettez en question votre choix de carrière.   Et si parfois la solution était autre…plutôt que d’éviter ce qui est difficile vous optiez plutôt pour surmonter vos limites et diminuer vos zones d’inconfort.  Et si parfois la solution était un « traitement choc »…

Nous avons souvent le réflexe de penser que si une chose est difficile c’est qu’elle ne nous convient pas.  Ou encore de croire que si nous sommes « vraiment » dans le bon domaine cela va aller de soi et que nous aurons peu d’obstacles sur notre route.  Or ce n’est pas nécessairement le cas. Les difficultés font partie de la plupart des parcours scolaires et professionnels,  à un moment ou un autre.

Ainsi pour reprendre l’exemple de l’enseignant au secondaire qui a de la difficulté à prendre son rôle de leader face à sa classe, il pourrait décider d’abandonner le domaine et se réorienter vers quelque chose de plus facile ou encore opter pour un traitement choc pour développer les aptitudes qu’il lui manque, dans son domaine… même si cette solution ne semble pas nécessairement la plus facile et peut être source d’inconfort.

Ceux qui persévèrent et réussissent ne sont pas à l’abri des difficultés, ils les ont plutôt acceptées comme une réalité inévitable.  Un entrepreneur n’a pas nécessairement des compétences poussées en comptabilité ; un artisan n’a pas nécessairement les aptitudes de vente pour promouvoir ses créations… et un jeune enseignant n’a pas nécessairement tout le savoir-être requis pour bien gérer une classe.  Mais tous peuvent décider d’aller chercher les outils qui leur manquent !

Orientation scolaire

À l’ère des médias sociaux, les générations Y et Z, nées entre le début des années 80 et le début des années 2000, ne sont pas passées inaperçues lors de leurs entrées sur le marché du travail. En effet, il suffit de quelques mots clés dans les moteurs de recherches pour y découvrir de nombreux textes d’opinions sur le sujet. Dans les dernières années, on a vu naître un mouvement issu directement de leurs valeurs : le bonheur 2.0 aurait-il cédé sa place au bien-être?

Plus qu’une revendication du bien-être au travail, on remarque un engouement pour le bien-être au quotidien, celui du corps et de l’esprit, dans toutes les sphères la vie. Mais en quoi consiste-t-il ?

En rejetant le modèle de société du type « rêve américain » imposé par les médias de masse depuis des décennies, les Y et Z revendiquent le retour aux sources et à la simplicité. Ils préfèrent l’expérience et les relations interpersonnelles aux possessions matérielles. Ils recherchent l’équilibre entre la vie professionnelle et personnelle en se plaçant au cœur de leurs priorités. Des centaines de blogues, de pages Facebook et autres articles nous parlent de l’importance de faire de notre passion une profession et surtout de vivre sa vie plutôt que de la gagner.

Leur vision de la réussite se traduit donc par des choix de vie qui permettent la flexibilité, la liberté de voyager, l’ouverture aux autres cultures, la créativité, la santé, etc. La question qui se pose : avons-nous tous à faire les mêmes choix?

On rencontre en orientation un grand nombre de jeunes adultes en quête de ce « bien-être ». En rejetant l’ancien modèle de société, il s’en installe subtilement un nouveau qui se voit tout aussi difficile à atteindre. C’est avec cet objectif que plusieurs personnes viennent consulter un conseiller d’orientation. Elles sont à la recherche de la solution magique, de la bonne idée, du bon domaine qui leur permettra d’atteindre cet idéal de bien-être suggéré.

Notre rôle consiste bien souvent à remettre les choses en perspectives, notamment s’assurer que la pression sociale ne guide pas davantage le choix professionnel que l’identité de la personne elle-même. Une pression sociale souvent exacerbée par la comparaison dans les réseaux sociaux.

Mais surtout, il s’agit de rappeler qu’entre les valeurs du rêve américain et celles de la recherche du bien-être à tout prix, il y a tout un monde de nuances dans lequel il est tout à fait approprié de se retrouver.

Transition de carrière

Imaginons que vous sortez du cégep, début vingtaine, plein de projets en tête. Vous venez de terminer un DEC en Interprétation théâtrale, en dessin animé ou en photographie. Vous obtenez des petits contrats ici et là. Vous parvenez à peine à joindre les deux bouts, mais vos aspirations artistiques suffisent à vous nourrir. Vous vivez de vos passions, c’est ce qui importe !

Arrive la trentaine, vous êtes essoufflés de courir continuellement après les contrats et vous constatez que le domaine qui vous passionne rime aujourd’hui avec précarité d’emploi. Vous aspirez à davantage de stabilité professionnelle et vous commencez à perdre un peu vos illusions de vivre seulement de vos passions. Vous commencez à remettre en question votre orientation professionnelle.

Arrive la mi-trentaine. On ne parle plus d’essoufflement, mais d’impasse. C’est souvent la réalité à laquelle sont confrontés les gens qui ont un profil d’intérêts artistiques comme vous.

Maintenant, vous n’avez plus le choix de vous arrêter, de faire le point et le bilan de votre situation professionnelle. Tout ceci ne se fait pas facilement. Vous aurez à vous questionner. Il est probable que vous viviez des deuils et que vous deviez accepter des compromis. En étant accompagnés par un conseiller d’orientation au fil de cette réflexion, vous pourriez voir les possibilités qui s’offrent à vous à travers d’autres lunettes, vous sentir moins seuls dans ce cheminement.

Certains décideront de cibler un domaine d’emploi qui rejoint un peu moins leurs passions, mais qui répond à un besoin de stabilité et de poursuivront leurs projets artistiques en parallèle. D’autres constateront que leurs passions sont trop importantes dans la hiérarchisation de leurs besoins et opteront de poursuivre dans cette voie en acceptant que cela rime avec une certaine insécurité financière. Toutefois, soyez assurés qu’il n’y a pas de bonne ou de mauvaise décision. L’important demeure que vous cibliez une direction qui vous correspond, qui répond à vos besoins et à vos intérêts tout en convenant à vos valeurs.

Peu importe votre décision, une chose est certaine : vous resterez probablement artiste dans l’âme !

Orientation professionnelle

Toute absence du marché du travail apporte son lot de questionnements. Sans « explication » sur le CV, l’employeur pourrait formuler ses propres hypothèses pour expliquer une absence du marché du travail ou d’un cursus scolaire. Le CV n’étant pas vu comme meilleur endroit pour s’étendre sur différents projets personnels, que faire ?

Certains sujets comme les grossesses, les congés parentaux et d’aidant naturel, les voyages et les déménagements se retrouvent de plus en plus fréquemment sur les CV. Ils permettent d’offrir un éclaircissement sur le cheminement professionnel du candidat, mais ces précisions offrent aussi un accès à un côté plus personnel. Bien sûr, à vous de juger l’impact que pourraient avoir certaines de ces informations selon votre secteur d’activité et votre profession. Toute information n’est pas bonne à donner.

D’un autre côté, bien que l’erreur soit humaine, plusieurs tabous demeurent aux yeux de l’employeur à la recherche du candidat parfait. Les absences du marché du travail pour causes de problèmes de dépendance et d’incarcération trouvent moins d’oreilles attentives chez les recruteurs. Quelques rencontres avec un conseiller en emploi vous permettront de trouver la meilleure stratégie. Vous déterminerez ainsi une approche avec laquelle vous serez à l’aise tout au long de votre recherche d’emploi et dans vos interactions avec les employeurs.

Cela dit, le problème des trous dans un CV repose souvent sur leur durée. Quelles sont les limites de l’employeur ? Les limites sont souvent très floues et propres à chaque individu.  Notre constat est qu’il n’y a pas de limite tant et aussi longtemps que vous réussissez à donner un sens à votre expérience. Il est important de se montrer rassurant. N’hésitez pas à miser sur vos forces, vos aptitudes, votre motivation et votre énergie afin de diriger l’attention vers ce qui fait de vous un candidat idéal pour l’emploi.